Étangs de Corot, chronique de la banalité du massacre d’un lieu de vie pluri-centenaire…

Comment les étangs de Corot sont devenus deux trous d’eau sans âme avec vue sur la résidence GECINA bétonnée et peinte en vert (mais à la mode).

Il est bien tard et le bilan est éloquent. Pour le décrire nous utiliserons le « bullet point » parce que c’est simple comme le constat qui est sans équivoque :

  • l’abattage de 14 tilleuls, dont certains avaient mis plus d’un siècle à exister et étaient recensés comme étant des êtres remarquables…
  • un bétonnage pharaonique – pour 12 millions d’euros quand même, au seul profit du BTP – des berges de l’étang, avec « création » de bassins déversoirs aboutissant sur un ruisseau longeant des habitations en aval dont la pérennité ne peut être garantie par personne à l’heure actuelle ;
  • la perte irrémédiable de biodiversité à échelle de vie d’Homme aux abords de l’étang ;
  • la perte d’un paysage « pittoresque » classé depuis 1936 et mondialement connu (de Washington à Tel-Aviv en passant par Osaka) car immortalisé par Camille Corot, fondateur de l’école de Barbizon ;
  • un contentieux entre la société foncière GECINA et le Centre des monuments nationaux (CMN) pour la gestion des conséquences du forfait ;
  • un chantier immonde qui s’éternise – contentieux oblige – invitant les habitants et les visiteurs à contourner les lieux, alors même que parfois ils font des milliers de kilomètres pour les apprécier ;
  • un futur urbanisme d’Eco-quartier bétonné à 30 centimes avec repiquage de trois plantes vertes et construction de passerelles métalliques parce que c’est branché et c’est d’un bon rapport ;
  • des citoyens abusés, impuissants, et très en colère, qui ont été mis devant le fait accompli, sans le moindre début de dialogue sur ce qui est pourtant le devenir d’un des lieux majeurs de leur socialisation et de leur vie…
  • une humanité qui a perdu une partie de son Histoire avec des berges massacrées qui constituent une rupture historique sans précédent dans un paysage unique et célébré depuis près de trois siècles.

Le seul argument qui fonde ce massacre c’est la « Sécurité ». La menace d’une crue tri-centennale qui, telle la Mer Rouge se refermant sur Pharaon, emporterait tout Ville d’Avray sur son passage… Autant dire que nous disposions d’un peu de temps pour réfléchir aux moyens d’aboutir à la préservation d’un lieu que nous habitons tous.

À aucun moment il n’est venu à l’esprit du CMN, propriétaire des lieux, et de la Préfecture des Hauts-de-Seine de replacer le problème dans son contexte, d’effectuer ne serait-ce qu’une étude pour ré-habiter les lieux de façon harmonieuse, de reprendre possession de ce qui nous été arraché par un technicisme aveugle et très peu cultivé. L’horreur est là, maintenant se pose la question de ce que nous pouvons en faire et de ce qu’il conviendrait de diligenter pour que les habitants puissent faire revivre des lieux chargés d’Histoire et d’histoires.

Ainsi pourraient être avantageusement diligentées des études :

  • écosystémiques,
  • paysagères,
  • sociales,
  • culturelles,

pour mener une réflexion au niveau des enjeux et non du pouvoir en place qui est bien trop bête pour pouvoir ne serait-ce qu’être effleuré par l’urgence de cette réflexion.

Comment et pourquoi re-végétaliser ? Quelles essences choisir ? Quelles vocations pour ces étangs dans les temps présents ? Comment les replacer au mieux dans le contexte de la forêt millénaire de Fausses-Reposes ? Comment les intégrer dans un projet de ville et de rapport harmonieux à la nature qui était l’apanage de Ville d’Avray ? Comment les réinscrire dans un temps long et durable ? Tout cela pas pour nous, pour nos enfants et arrières petits enfants…

Ceux qui mènent cette politique de saccage partiront dans les oubliettes de l’Histoire. On se souviendra d’eux au mieux pour leur bêtise et leur cupidité. Peu ou pas légitimes, il faut les arrêter rapidement pour que la Vie – le bois et non le béton – retrouve la place qui doit être la sienne. Les enjeux sont très concrets. C’est un combat que nous entendons mener au niveau qui sera le nôtre.

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