Les défaillances de l’Aide Sociale à l’Enfance dans les Hauts-de-Seine

L’aide sociale à l’enfance (ASE) est une compétence majeure du département. 

Depuis quelques mois, plusieurs reportages télévisés ont dénoncé la situation de centaines d’enfants mineurs relevant de l’ASE (Aide Sociale à l’Enfance) des Hauts-de-Seine placés pendant plusieurs années par le Département dans des hôtels, livrés à eux-mêmes dans des conditions médiocres et sans suivi éducatif. En 2019, sur les 5 100 jeunes suivis par l’ASE, environ 600 ont été pris en charge dans le cadre d’un hébergement hôtelier, dont 550 mineurs étrangers non accompagnés.

Une situation dénoncée par un rapport de l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS), saisie à la suite de la mort d’un adolescent fin 2019, et que nous ne cessons de décrier depuis.

L’ASE est une compétence départementale depuis 1983, sachant que le Département des Hauts-de-Seine a toujours été géré par la droite, depuis sa création en 1967. C’est Marie-Laure GODIN, vice-présidente aux affaires sociales et candidate à sa réélection sur le canton de Boulogne-Billancourt-2, qui a la charge de ce dossier depuis six ans !

Alors que le budget départemental est excédentaire de plus d’un demi-milliard d’euros, le président du conseil départemental des Hauts-de-Seine, Georges SIFFREDI, justifie le placement en hôtels par le manque de places en structures. Mais c’est un choix budgétaire de l’actuelle majorité de droite du Conseil Départemental le plus riche de France de ne pas avoir consacré une partie du budget au développement de telles structures, montrant ainsi qu’elle se désintéresse du sujet depuis des années.

Il est temps de faire preuve de volonté politique ! Nous devons soutenir les professionnels de l’action sociale, qui font un travail essentiel, dans des conditions difficiles, qu’aggrave le manque de moyens financiers et humains.

Pour cela nous devons renforcer l’action et les moyens de l’ASE :

  • augmenter le budget de l’ASE ;
  • mettre fin au placement des enfants dans des hôtels insalubres ;
  • développer des structures et services d’accueil (par exemple un de ces villages d’enfants, qui permettent aux frères et sœurs de grandir ensemble) ;
  • former et recruter du personnel qualifié et spécialisé ;
  • créer des structures pour contrôler les déplacements et les agréments des familles d’accueil ;
  • prolonger la protection de l’enfance au-delà de 18 ans pour éviter les ruptures ;
  • soutenir le judiciaire aujourd’hui non écouté par le Département pour éviter les situation dangereuses.

Il est temps de faire de l’Aide Sociale à l’Enfance une grande cause départementale dans les Hauts-de-Seine !

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